on vit dangereusement

L’impression est terminée, un dernier effort avant la quille. L’encre grasse s’accroche, racler le plus gros à la spatule, verser un peu de white sur la table à encrer,  passer le rouleau collant pour diluer, essorer le plus gros sur un carton, recommencer, rebelote racler, rebelote le rouleau, shr shr ça colle ha ça pour coller ça colle. Essuyer, encore et encore, au papier, enlever le plus gros puis entrer dans les détails, se salir les mains quand tout le tirage s’est fait sans une seule tâche. Les mystères de l’imprimerie. Verser du white à nouveau, plus légèrement, pour s’assurer que rien ne reste, plus rien sur la table, plus rien sur le rouleau, la spatule brille. Reste la plaque de lino qu’il faut nettoyer à l’essence F, parce que le white ça le rend cassant, un bon coup de toutes façons t’as enlevé le bouchon sécurité plus rien ne peut se faire avec parcimonie (je ne fais pas la blague, contre toute attente), tu essuies, ça dilue l’encre épaisse, ça t’en fout encore plus sur les mains, essuyer, encore du papier, encore, voilà. L’atelier embaume de l’essence et du white, tu es satisfaite.
Et allumer une clope, enfin.